
Cartographie des similitudes (en rouge) et différences (en bleu) des émotions entre les Néo-Assyriens et les humains modernes
« Ça fait froid dans le dos », « avoir la gorge serrée », « une boule au ventre »… Ces expressions traduisent notre façon d’exprimer nos émotions à travers notre ressenti physiologique. Des chercheurs suggèrent que c’est la perception des variations physiologiques dans notre corps (battements cardiaques, température, frissons…) qui nous permet de prendre conscience de nos émotions. Une idée qui semble corroborée par ces expressions linguistiques si naturelles. Si cette hypothèse est correcte, alors on devrait trouver traces de ces expressions dans notre histoire la plus ancienne.
Pour y répondre, une équipe de neuroscientifiques et d’historiens a analysé des écrits néo-assyriens datant de 934 à 612 avant notre ère. Leur objectif : établir une cartographie des liens entre expressions linguistiques, sensations corporelles et émotions. Premier constat fascinant : nos ancêtres possédaient bien une représentation interne des émotions, parfois similaire et et parfois différente de la nôtre. Par exemple, on retrouve des expressions comme « mes jambes tremblent de peur » ou « mon cœur souffre de peine », que l’on comprend toujours très bien. Ces différences pourraient s’expliquer par le flou inhérent à l’interprétation des textes anciens.
Cette méthode novatrice d’étude des émotions via des textes anciens ouvre de nouvelles perspectives. Elle pourrait être appliquée à l’analyse des cultures modernes pour explorer les similitudes et les différences dans notre manière de percevoir et de décrire les émotions, pour mieux en comprendre les bases neurobiologiques. Ca fait chaud au coeur tout ça !
