La malnutrition agit sur le développement cognitif via le microbiote

La malnutrition est un fléau qui ne fait pas que tuer, elle affecte aussi le cerveau et laisse des séquelles neurocognitives durables, comme une diminution du nombre de neurones et de leur capacité à former des connexions avec leurs voisins. Ces déficits sont associés à des pertes d’énergie, de curiosité et de motivation, et plus généralement à une perte de QI qui affectera la scolarité future des enfants survivants. Une étude menée sur des enfants d’un an à Dhaka, au Bangladesh, révèle que la malnutrition, même modérée, est associée à des déséquilibres du microbiome intestinal, notamment un enrichissement de bactéries fécales (dont le streptocoque et rothia mucilaginosa, généralement considérées comme néfastes). Ces altérations sont corrélées à une réduction des acides gras dans le plasma sanguin, ainsi qu’à des modifications de l’activité du lobe fronto-pariétal (une large zone cérébrale, allant de la multisensorialité au contrôle cognitif) et à une baisse des babillages des bébés, indiquant les prémisses de futurs retards mentaux. Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles interventions ciblées pour rattraper ou prévenir les effets de la malnutrition, quand on agit à temps. Le mieux serait évidemment de ne jamais en arriver là…

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