Les primates pourraient se chatouiller pour partager leur bonheur

Les chatouilles, souvent associées à des crises de rire incontrôlables chez les humains, pourraient être un outil pour mieux comprendre l’émergence de l’intersubjectivité, soit la capacité à partager des expériences sociales entre individus. Une nouvelle étude menée sur des bonobos de La Vallée des Singes (France) montre que, comme chez les humains, les chatouilles chez cette espèce jouraient un rôle crucial dans les interactions sociales.
Les chercheurs ont observé que plus un bonobo est jeune plus il reçoit de chatouilles de bonobos âgés, et plus il vieilli plus il en fait aux plus jeunes. De plus, ces sessions de chatouilles sont majoritairement pratiquées entre proches, et principalement entre la mère et ses enfants. On ne se chatouille pas (ou peu) entre inconnus ! Comme pour les humains, non ? Imaginez chatouiller un inconnu dans le métro…
Mais quelle fonction pour les chatouilles ? L’équipe de recherche cite deux hypothèses intéressantes : la première et la plus partagée serait que les chatouilles pourraient servir à renforcer les liens sociaux et à transmettre des émotions positives entre individus, soit cette capacité d’intersubjectivité ; la seconde serait que parallèlement aux jeux chez d’autres espèces, les chatouilles pourraient servir à développer des aptitudes de combat et de défense.
Ces observations renforcent l’idée que les chatouilles ne sont pas qu’un jeu anodin, mais un comportement avec des racines évolutives profondes. Les étudier du point de vue neurobiologique nous permettrait de mieux comprendre les bases cognitives et émotionnelles conservées entre primates, et donc entre humains et bonobos.

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