L’oxygénation du sang (et du cerveau), un acteur du réglage de notre horloge interne ?

Notre horloge interne, dite circadienne, qui contrôle nos cycles veille/sommeil ainsi que les variations physiologiques et hormonales associées, sont influencées par divers facteurs. Parmi ceux-ci, il a été montré depuis la culture cellulaire jusqu’à la souris que le niveau d’oxygénation pourrait jouer un rôle important. Et chez les humains ?
Cela a donné l’idée à des chercheurs de faire dormir des sujets en laboratoire, dans un environnement où le niveau d’oxygène était plus bas que normal (sans prendre de risques pour eux, évidemment). Ils ont montré qu’une exposition unique à une hypoxie modérée – diminution de l’oxygène dans le sang – pouvait avancer de 9 minutes la sécrétion de mélatonine, une hormone clé du sommeil. Ce décalage, bien que minime, correspond à l’écart entre le rythme circadien humain naturel (24h09) et le cycle terrestre de 24 heures.
Ce résultat suggère que l’hypoxie pourrait synchroniser l’horloge centrale du cerveau en l’absence ou en complément d’autres signaux, comme la lumière. Les chercheurs supposent que cela pourrait avoir des implications dans notre vie de tous les jours. Par exemple, ils notent que faire du sport peut perturber les rythmes circadiens, peut-être justement parce qu’une activité sportive modifie l’oxygénation cérébrale. Un autre exemple est celui du jetlag, puisque lors de vols en altitute les passagers subissent une lègère hypoxie… et cela correspond en plus au modèle du jetlag chez la souris, qui ne consiste en rien d’autre qu’à induire une légère hypoxie !

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