
Les émotions influencent profondément notre perception du monde, un phénomène particulièrement marqué dans les troubles de l’humeur, où une tendance à percevoir davantage les stimuli négatifs est observée. Mais pourrait-on tromper notre cerveau et utiliser ce pouvoir des émotions sur la perception comme levier thérapeutique ?
Des scientifiques ont exploré comment des attentes positives induites par un placebo pouvaient façonner la perception des émotions. Pour se faire ils ont manipulé les attentes de participants en leur injectant un spray nasal présenté comme contenant de l’ocytocine (décrite comme étant “l’hormone du plaisir et de l’attachement”), mais qui en réalité n’en contenait pas. Les participants ont ensuite dû réaliser une tâche de discrimination émotionnelle, c’est-à-dire catégoriser des visages exprimant de la joie ou de la peur à des degrés d’intensité variables.
Résultat ? La prise du placebo a rendu les participants plus enclins à percevoir le bonheur, même lorsque les indices émotionnels étaient subtils, alors que leur sensibilité aux nuances des autres expressions émotionnelles diminuait. Ce biais de perception positive s’est révélé directement lié à leurs attentes initiales et à l’amélioration de leur humeur pendant l’expérience, le tout grâce à un simple placebo.
Ces résultats montrent qu’une simple manipulation des attentes peut induire un biais positif dans la perception des émotions et améliorer l’état émotionnel. Ces mécanismes, influencés par la régulation émotionnelle, peuvent être utilisés pour aider à traiter les troubles de l’humeur. Mais au-delà du potentiel clinique, le plus fascinant reste cette demonstration que nos émotions peuvent perturber nos sens. Souriez, et vous verrez la vie en rose !
