L’électro-acupuncture soulage la douleur neuropathique et module le microbiote intestinal

La douleur neuropathique consiste en des sensations de brûlure, de froid, ou encore de piqûre, qui peuvent être violentes et localisées. Touchant jusqu’à 7% de la population, ces troubles ont souvent des répercussions sur la sphère émotionnelle, et peuvent même provoquer des états de stress, d’anxiété ou de dépression. Parmi les solutions thérapeutiques on trouve l’électroacupuncture, qui a montré une certaine efficacité clinique pour atténuer les symptômes douloureux comme psychiatriques. Quelques études suggèrent qu’un lien pourrait être fait avec le microbiote intestinal, qui lui aussi a un effet sur les douleurs neuropathiques et sur les états psychiatriques. Est-ce que l’électro-acupuncture a une influence sur ce triptyque douleur-psychiatrie-microbiote ?
C’est la question que c’est posée une équipe chinoise, qui vient de publier un petit article intrigant. Ils ont soigné des souris atteintes de troubles neuropathiques a de l’électro-acupuncture, ce qui a eu pour effet premier de réduire les troubles mécaniques (douleur) et les troubles émotionnels (anxiété, dépression). L’analyse du microbiote intestinal a montré une augmentation de la diversité des bactéries chez les souris souffrant des troubles neuropathiques, on parle de dysbiose c’est-à-dire un changement anormal et brutal. Dans ce cas l’électro-acupuncture a partiellement inversé ces modifications microbioennes, avec certaines bactéries qui ont vu leur abondance augmenter telle que Parabacteroide qui peut interagir directement les récepteurs intestinaux à la douleur, tandis que d’autres ont diminué telle que Roseburia, connue pour être corrélé à l’anxiété et à la dépression.
Attention toutefois, il s’agit uniquement d’une corrélation, mais en aucun cas un lien de causalité : on ne sait pas si l’électro-acupuncture réduit d’abord la douleur et le stress, ce qui a pour conséquence de moduler le microbiote, si c’est d’abord le microbiote qui est modulé et qui aide au stress, ou si les deux sont affectés à la fois. Comme très souvent dans les petites études scientifiques de ce type, les mécaniques d’interactions entre microbiote, cerveau et thérapie ne sont pas identifiées. Mais cela reste déjà une jolie avancée thérapeutique !

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