Le bleu du ciel remet les pendules à l’heure de l’araignée (aveugle) des grottes

Au plus profond des grottes les plus sombres se tapissent des créatures surprenantes : elles n’ont pas besoin de lumière pour vivre. C’est le cas de Leptonetela Sublunata, une araignée des grottes qui, il y a fort longtemps dans son évolution, a perdu un sens de la vision bien inutile dans les ténèbres. Mais la plupart des espèces ont besoin de lumière pour synchroniser leurs rythmes biologiques. Alors comment font-elles ?
Une équipe chinoise a étudié le rythme biologique des araignées des grottes, en analysant leur niveau d’activité comportemental, ainsi que l’expression de leurs gènes au fil du temps. Les arachnides présentent à l’état sauvage un rythme constant et faible, qui redevient comparable à leurs cousines de la surface (Leptonetela Mengzongensis) dès qu’on les soumet à de la lumière bleue (i.e. celle du bleu du ciel, ça marche aussi pour les humains) ! Réciproquement, supprimer la lumière à ces cousines leur fait adopter le rythme des araignées des cavernes, et on obtient le même résultat si on empêche les gènes responsables du rythme biologique de s’exprimer : Mengzongensis se met à se comporter comme Sublunata.
Ceci montre que même si un sens est perdu dans l’évolution, les mécanismes qui y sont associés peuvent perdurer de façon latente, cachés dans les méandres de la génétique. Ces découvertes offrent des perspectives sur la manière dont les horloges biologiques peuvent s’adapter à des conditions extrêmes, ce qui pourrait avoir des implications pour comprendre les troubles du rythme circadien.

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