
Le tremblement essentiel, aussi appelé tremblement familial est l’un des troubles neurologiques les plus courants (4% de la population, et jusqu’à 20% après 70 ans !). Il consiste le plus souvent en des tremblements involontaires des membres lorsque les personnes réalisent des actions motrices, comme par exemple saisir un objet. Ce trouble léger n’est pas à confondre avec Parkinson, bien qu’il puisse y ressembler.
Une nouvelle étude montre que ce trouble affecte en profondeur la planification et l’exécution des mouvements. Grâce à une technique d’imagerie cérébrale haute densité, des chercheurs ont enregistré les fréquences cérébrales de patients atteints de tremblements essentiels. Ils ont découvert que l’aire motrice supplémentaire des patients, en charge de l’initiation et de la coordination des mouvements, subissait une désynchronisation excessive des oscillations bêta, un marqueur de l’exécution du mouvement signe ici d’une anomalie. Ces modifications étaient directement corrélées à la sévérité du tremblement.
Au-delà de ce déficit de contrôle moteur pur, ils ont aussi trouvé des altérations du réseau frontopariétal, impliqué dans la planification et dans le calcul visuo-moteur (i.e. comment notre main sait où et comment aller saisir l’objet que l’on voit), qui ralentirait les mouvements en favorisant un contrôle basé sur le feedback sensoriel (on corrige le mouvement pendant son exécution.), plutôt que sur l’anticipation (le mouvement est parfaitement planifié avant de le lancer) comme c’est le cas chez la plupart des individus.
Ces résultats permettent d’avoir une meilleure compréhension d’un trouble très commun, mais finalement peu étudié, résultats qui étendent la compréhension de notre cerveau et de la façon dont il contrôle les mouvements du corps.
