
Bien que cela soit encore débattu, les scientifiques commencent à penser que certains types d’autisme ont pour origine – ou facteur de prédisposition – des déficits du microbiote intestinal, les bactéries qui colonisent notre intestin. Une alimentation contenant des suppléments en bactéries bénéfiques comme Lactobacillus reuteri pourrait ainsi réduire certains troubles psychiatriques, dont ceux du spectre autistique. Toutefois, ces bactéries bénéfiques ont du mal à coloniser notre intestin, ce qui freine leur efficacité thérapeutique. Même le fait de les avaler en comprimé n’assure pas qu’elles arrivent en nombre suffisant jusqu’au bon compartiment intestinal.
Pour résoudre ce problème, des chercheurs ont tenté d’utiliser la spiruline, une microalgue, comme véhicule naturel (un gentil “cheval de troie”) pour protéger et transporter ces bactéries dans l’intestin. En s’accrochant à la spiruline, elle-même très résistante, les bactéries résistent plus longtemps et colonisent l’intestin plus efficacement, renforçant ainsi leur effet thérapeutique. Dans un modèle animal d’autisme, cette combinaison spiruline-Lactobacillus reuteri a permis d’améliorer la sociabilité des souris, de renforcer la barrière intestinale, et de réduire l’inflammation cérébrale considérée comme étant liée à l’autisme.
Cette avancée montre une nouvelle approche pour développer des catégories de pro-biotiques plus efficaces, et pour mieux traiter et cibler les pathologies touchant l’intestin et le microbiote.
