
Jeter et recycler les médicaments est un véritable casse-tête, ce qui explique qu’on en trouve une certaine concentration dans les eaux usées. Une fois versées dans les rivières, ces traces de médicaments ont-elles un effet sur les animaux ?
C’est la question que pose une équipe de chercheurs en étudiant le clobazam, un médicament de la classe des benzodiazépines (c’est-à-dire psychotrope) principalement utilisé comme anxiolytique. Une fois jeté à la poubelle, le clobazam passe des eaux usées aux rivières où on en retrouve des traces. Les chercheurs ont montré que même à ces concentrations faibles, le médicament s’accumule dans le cerveau des saumons atlantiques et modifie leur comportement de migration : les poissons exposés remontent plus rapidement les obstacles, probablement car leur capacité à rester en banc est altérée.
Cette étude montre que même à faibles doses, les médicaments humains peuvent altérer profondément le comportement et la physiologie des espèces sauvages.
