
L’exposition à des chocs répétés peut, à long terme, avoir des conséquences dramatiques sur le cerveau en causant des traumatismes crâniens légers aux effets cumulatifs. Ceux qui en souffrent le plus ? Les militaires exposées de manière répétée à des explosions, et présentant bien souvent des symptômes persistants difficiles à relier à des lésions visibles, et qui on le sait désormais pourraient correspondre à des traumas répétés.
Récemment, une vaste étude IRM menée sur plus de deux cents militaires des forces spéciales de l’armée américaine révèle que ces expositions entraînent des modifications spécifiques de la connectivité fonctionnelle et du volume du cortex cérébral. Les régions impliquées ? Le cortex occipital latéral, le précuneus ou encore le cortex frontal, respectivement impliqués dans le traitement visuel, l’intégration sensorielle et la mémoire, ainsi que le contrôle des émotions et des fonctions exécutives. Ces altérations sont directement corrélées à des symptômes neurocomportementaux tels que des états dépressifs, d’anxiété, voir même de stress post-traumatique. Les données sont suffisamment solides pour que les chercheurs aient pu développer un modèle prédictif permettant de distinguer les soldats les plus exposés avec 73 % de précision sur la simple base d’un IRM, même sans lésions anatomiques détectables par un œil humain.
Une avancée majeure pour mieux diagnostiquer les traumatismes cérébraux invisibles, que ce soit chez les militaires ou dans d’autres populations : on peut penser aux sports comme le rugby, mais aussi aux ouvriers du BTP soumis à des bruits intenses et à vibrations répétées. Les études manquent encore sur ce sujet, et les alternatives n’ont même pas encore été imaginées…
