Quand le stress pendant la grossesse influence les bébés selon leur sexe

Pendant la grossesse, le bébé vit au rythme de sa mère. Il perçoit ses hormones, ses émotions, son stress. Ce lien profond influence son développement bien plus qu’on ne le pensait. Une étude récente révèle que le stress vécu par la mère pendant la grossesse modifie certains signaux biologiques chez le nouveau-né – et ces changements varient selon qu’il s’agit d’une fille ou d’un garçon.
Les chercheurs ont observé de minuscules fragments appelés tRFs (pour fragments d’ARN de transfert), sortes de petits morceaux issus d’un processus naturel de découpe de l’ARN. Ces fragments jouent un rôle de messagers : ils peuvent influencer l’expression de certains gènes, un peu comme des interrupteurs qui allument ou éteignent des fonctions cellulaires.
Chez les filles exposées au stress maternel, les chercheurs montrent qu’un groupe précis de tRFs ciblent des circuits liés à la gestion du stress, appelés voies cholinergiques. Ces tRFs sont si caractéristiques de ces réseaux cholinergiques qu’ils ont permi à l’équipe de détecter l’exposition au stress avec 95 % de fiabilité. Chez les garçons, les chercheurs ont plutôt observé une activité anormalement élevée d’une enzyme clé de ces mêmes circuits, connue pour réguler l’intensité des signaux nerveux liés au stress.
Or, le système cholinergique est essentiel pour l’attention, la mémoire et la régulation émotionnelle. Ces altérations précoces pourraient donc influencer le développement cognitif et émotionnel à long terme, en augmentant la vulnérabilité à des troubles du comportement ou de l’anxiété – et ce, de manière différente selon le sexe.

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