
Les catastrophes naturelles ont un impact énorme sur la santé mentale des populations touchées, c’est une évidence. Mais comment la quantifier objectivement ?
Une équipe de chercheurs suit depuis 37 ans une communauté rurale de la Dominique, frappée notamment par les ouragans David (1979) et Maria (2017). Leur piste : le cortisol, hormone du stress, interagissant avec la rétention de souvenirs traumatiques, et étant corrélé à un risque accru de troubles dépressifs ou de stress post-traumatique. Les chercheurs ont depuis 37 ans régulièrement mesuré le cortisol dans la salive des habitants, deux à quatre fois par jour entre l’aube et le début de soirée. Les échantillons permettent ainsi de suivre l’impact physiologique des catastrophes sur le long terme. Résultat : les profils de sécrétion de cortisol sont corrélés aux troubles de stress post-traumatique des populations.
Ce type d’étude, mené sur plusieurs décennies, est d’une rare complexité : impossible pour des scientifiques de mesurer régulièrement les constantes biologiques d’une population isolée, sans perturber son quotidien – et donc des médecins pouvant se servir de ces données pour intervenir -. Mais l’émergence de nouvelles technologies, comme les capteurs portables analysant le contenu de la sueur en continu, pourrait permettre de comprendre en profondeur ces mécanismes neuropsychoendocrinologiques, ouvrant la voie à une médecine du stress plus précise et prédictive.
