
Pour mieux comprendre ce qui pousse à soutenir des violences extrêmes entre humains, des chercheurs se sont penchés sur le phénomène de déshumanisation, qui consiste à nier explicitement l’humanité d’individus extérieurs à notre groupe d’appartenance. Cette idée, largement répandue, fait débat : la déshumanisation est-elle vraiment distincte d’un simple rejet intense ?
Une étude récente fait la synthèse de la question, grâce à une méta-analyse regroupant 120 études auprès de plus de 128 000 personnes. En complément et pour assurer la robustesse des résultats, les chercheurs ont mesuré les affects négatifs souvent confondus avec la déshumanisation, tels que les émotions négatives intenses (colère, dégoût, ou encore la haine). Ils ont également contrôlé des variables individuelles telles que l’agressivité ou la soumission à l’autorité. Ceci a permis de mettre en évidence que la perception d’autrui de façon déshumanisée n’était pas métaphorique (« je dis que l’autre n’est pas humain, mais je ne le ressens pas comme ça ») mais littérale : les sujets croient sincèrement que le groupe en face d’eux est moins humain qu’eux.
Cette étude révèle ainsi que la déshumanisation n’est pas seulement une manière imagée d’exprimer l’antipathie, mais bien un processus psychologique distinct qui pousse activement à la violence, à son acceptation, voir à sonsoutiens. Ces recherches, menées dans des contextes diversifiés (États-Unis, Russie-Ukraine, Israël-Palestine, Inde), soulignent l’importance de comprendre ces mécanismes psychologiques, pour mieux cibler les stratégies de prévention et d’intervention contre les violences intergroupe à travers le monde.
