
Travailler trop pourrait-il modifier la physiologie notre cerveau ? Si l’on connaissait déjà les effets délétères du surmenage sur le cœur, le métabolisme ou la santé mentale, les conséquences ‘physiques’ sur le cerveau lui-même restaient jusqu’ici mal comprises.
Une étude préliminaire, publiée dans Occupational & Environmental Medicine, vient éclairer cette question. En comparant des IRM de 110 soignants, les chercheurs ont observé chez ceux travaillant plus de 52 heures par semaine une augmentation significative du volume de régions cérébrales comme l’insula ou le gyrus frontal moyen, impliquées dans la régulation sensori-émotionnelle et les fonctions exécutives (dont la concentration). Pour le moment les chercheurs ne sont pas en mesure de déterminer en quoi cette augmentation modifie la cognition des personnes surmenées.
Les chercheurs pensent que ces changements pourraient refléter une réponse neuroadaptative au stress chronique, mais leurs effets à long terme restent inconnus. Alors que l’Organisation internationale du travail estime que le surmenage tue plus de 800 000 personnes par an, ces résultats soulignent l’urgence de mieux comprendre les effets neurologiques du travail excessif… Et de repenser nos politiques de santé au travail.
