
On sait que le sommeil est essentiel à la mémoire, mais dans certains cas, il peut avoir l’effet inverse. L’apnée du sommeil, qui provoque des pauses respiratoires répétées pendant la nuit, est fréquente chez les personnes âgées — et ses effets sont souvent sous-estimés. La privation d’oxygène, pourrait-elle affecter la santé du cerveau ?
Des chercheurs ont montré que des périodes d’hypoxie (une baisse d’oxygène) pendant le sommeil paradoxal (REM), causées par l’apnée du sommeil, sont associées à des déficits de petits vaisseaux sanguins cérébraux, un facteur clé du vieillissement cérébral. Comme une cascade de conséquences néfastes, ces troubles vasculaires sont liés à l’apparition de lésions de la substance blanche, le tissu de connexion du cerveau, essentiel à la transmission de l’information entre les régions cérébrales. Ces lésions sont elles-mêmes associées à une réduction du volume du cortex entorhinal — une région essentielle à la mémoire —. Et cette atrophie est corrélée à une performance mnésique amoindrie après le sommeil.
Une réaction en chaîne saisissante : l’apnée du sommeil entraîne une hypoxie, qui provoque une atteinte des petits vaisseaux sanguins cérébraux, conduisant à la dégénérescence des régions mnésiques, et donc à des troubles cognitifs.
Protéger la microcirculation cérébrale pourrait donc être une clé pour préserver la mémoire en vieillissant. Et surtout, ne prenez pas à la légère les troubles de sommeil !
