La malbouffe en cause : troubles métaboliques, cérébraux et comportementaux

On le sait tous, manger des aliments ultratransformés est mauvais pour la santé, car cela dégrade les marqueurs métaboliques tels que l’hypertension et l’inflammation, et peut provoquer diabète et obésité. En excès, ce type d’alimentation accélérerait le déclin cognitif et augmenterait les risques de démences (alzheimer). Des chercheurs canadiens et finlandais se sont demandés si l’on pouvait voir des traces de déclin cognitif chez des sujets adultes consommant ce type de nourriture, démontrant ainsi un lien entre métabolisme et cerveau.
Les chercheurs se sont servis de la UKBB – une gigantesque banque d’informations biologiques sur des patients anglais -, où ils ont recruté plusieurs milliers de sujets qui se sont prêtés au jeu de questionnaires en ligne sur leur alimentation. Cela leur a tout d’abord permis de (re)démontrer le lien entre alimentation ultra-transformé et altération du métabolisme : cholestérol, pression sanguine, indice de masse corporelle, inflammation, adipocytes, et plus encore. Rien que ceci devrait nous faire réfléchir !
En parallèle, ils ont catégorisé les sujets en fonction de leur alimentation, et ont analysé l’épaisseur de différentes parties de leur cerveau, révélant une altération plus spécifique des structures sous-corticales. L’hypothalamus, une large région du cerveau impliquée dans le contrôle métabolique et le comportement alimentaire, s’est avéré être plus dense (plus de cellules) : ceci est connu pour être lié à des troubles physiologiques, et d’indice de masse corporelle. A contrario, des structures comme les noyaux accumbens ou le pallidum étaient moins denses et plus aqueux, directement impliquée dans l’altération du plaisir et de la motivation à rechercher ce que l’on aime (principalement la nourriture). Toutes ces modifications cérébrales sont caractéristiques de troubles inflammatoires et… neurodégénératifs, comme Alzheimer !
Les chercheurs pointent ici un lien très clair entre métabolisme et modifications cérébrales. Ils émettent l’hypothèse probable d’un cercle vicieux dans lequel la nourriture ultra-transformée augmenterait les adipocytes et l’inflammation, ce qui causerait une altération des zones du cerveau qui régulent le comportement alimentaire, réduisant notre résistance face à ce type de nourriture. La boucle est bouclée, et la voie vers l’obésité toute tracée.
À noter ici que bien que les corrélations soient fortes et claires, il ne s’agit pas de causalité : ce cercle vicieux reste à décortiquer au niveau de l’intimité biologique de la physiologie et du cerveau, ce qui se fera dans un second temps sur d’autres types de modèles. Mais on peut déjà se dire que cet été, on va tenter de se contrôler et de limiter les burgers, la bière et les glaces ?

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