Traumatisme crânien et stress post-traumatique : une double peine pour les policiers

Si certains métiers sont physiquement pénibles, d’autres exposent à des risques bien plus insidieux, détériorant le cerveau et la santé mentale. C’est le cas des pompiers et des militaires, ainsi que des policiers, population chez laquelle les données commencent à s’accumuler. En effet, ces derniers sont soumis à des situations stressantes, des confrontations physiques, voir des blessures. Des études récentes montrent que dans les forces de l’ordre britanniques, près d’un policier sur cinq présente des symptômes de stress post-traumatique, et beaucoup cumulent cela avec des traumatismes crâniens légers ! Combien ? Quel est le lien entre ces deux types de troubles ? Cela laisse-t-il des séquelles durables ?
Pour le savoir, des chercheurs ont mené une vaste enquête par questionnaire auprès d’agents de police britanniques. Ils ont évalué leur historique de traumatismes crâniens, la sévérité des symptômes cognitifs ou physiques associés, ainsi que les troubles post-traumatiques.
Les données montrent que plus les traumatismes crâniens légers s’accumulent, plus les symptômes cognitifs (troubles de la mémoire, concentration ralentie), les maux de têtes et de la fatigue chronique sont présents. Cette accumulation est aussi corrélée à une intensification des symptômes de stress post-traumatique, créant une spirale de vulnérabilité. En d’autres termes, plus un policier accumule des micro-traumas crâniens, plus il a de chances de développer un stress post-traumatique, et réciproquement.
Un résultat particulièrement marquant : les policiers ayant subi plusieurs traumas crâniens sont ceux qui présentent les plus grandes difficultés fonctionnelles : leur capacité à travailler, à entretenir des relations ou à s’occuper de leurs enfants était significativement altérée. Ils développent aussi une image d’eux-mêmes plus négative, un isolement social, et une tendance à éviter autrui. En somme, une double peine : aux blessures du corps et de l’esprit, s’ajoutent celles de difficultés à vivre en société.
Cette étude, bien qu’observationnelle et fondée sur l’auto-déclaration (il faudrait les associer à des données objectives, en imagerie et en sciences cognitives), souligne un point essentiel : ces blessures invisibles ne doivent pas être négligées. Car au-delà de l’importance de la prise en compte de l’état physique et mental des polices, l’étude indique surtout qu’il est possible – et donc important – de prendre en charge ces traumas crâniens légers quand ils arrivent, pour en diminuer l’impact dans la vie future des policiers.

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