Vieillir sans déclin : le mystère des SuperAgers

Certains cerveaux semblent défier le temps. C’est le constat d’une étude de longue haleine menée par un groupe de recherche américain, sur des sujets âgés suivis pendant plusieurs années (jusqu’à 25 ans pour l’une des participantes !). Les chercheurs ont ainsi montré un groupe de sujets appelés ‘SuperAgers’, âgés de plus de 80 ans, et affichant une mémoire aussi vive que celle de personnes de 50 ou 60 ans. Comment font-ils ?
Les analyses montrent que leurs cerveaux conservent une épaisseur corticale étonnamment jeune, notamment dans le cingulum antérieur, une région clé pour la motivation et les relations sociales. Ils présentent aussi moins de signes de dégénérescence liés à Alzheimer, une faible inflammation cérébrale, et un système cholinergique préservé (les neurones produisant de l’acétylcholine, un messager chimique essentiel à la mémoire, à l’attention et à l’apprentissage). Fait intrigant : ils possèdent davantage de neurones de von Economo, ou neurones en fuseau, des cellules très longues et qui transmettent rapidement les signaux nerveux. Particulièrement présents chez les grands primates, ces neurones joueraient un rôle clé dans la cognition sociale et l’intelligence émotionnelle.
Mais il n’y a pas que la biologie, puisque sur le plan psychologique, les SuperAgers se distinguent par leur sociabilité et leur engagement social, soit le fait de participer à des activités associatives et de groupe. Par contre, aucun mode de vie spécifique ne ressort de l’étude, pas de recette miracle de côté.
Ces résultats montrent qu’un vieillissement cérébral sain est possible : résistance biologique, résilience cognitive (i.e. préserver les capacités cognitive même si le cerveau vieilli) et enrichissement social semblent former le trio gagnant. Certes, sur le plan biologique nous dépendons tous de nos gènes, et il faut faire avec. Mais sur le plan social, il ne tient qu’à nous de cultiver les liens et de stimuler notre cerveau, car c’est là que se joue une grande part de la longévité cognitive.

Article source