
Et si la maladie d’Alzheimer n’était pas seulement une affaire de vieillissement cérébral ? Depuis quelques années, une question bouscule les certitudes : une infection chronique pourrait-elle participer à la dégénérescence du cerveau ? En d’autres termes, la communauté scientifique soupçonne des bactéries banales de jouer un rôle bien plus profond, pouvant causer des pathologies sévères.
Une étude récemment parue dans le journal Nature montre que la sévérité des troubles de certains patients atteints d’Alzheimer pourrait être corrélé à une accumulation anormale de la bactérie ‘Chlamydia pneumoniae’ dans leur rétine. Cette présence bactérienne est associée à l’activation de NLRP3, un puissant moteur de l’inflammation cérébrale. Ce dernier favorisse l’accumulation de déchets cérébraux, les plaques amyloïde-β, connus depuis des dizaines d’année comme étant au cœur des mécanismes de mort neuronale observés dans Alzheimer.
Si les chercheurs montrent bien que chez la souris l’infection accélère les déficits cognitifs, ils pensent que chez l’humain la rétine pourrait devenir un indice diagnostic pour détecter la maladie.
Reste une interrogation centrale : la bactérie déclenche-t-elle la maladie, ou alimente-t-elle un cercle vicieux inflammatoire qui précipite la neurodégénérescence ?
