
Se détendre sur l’herbe fraîche, marcher sous des frondaisons épaisses : c’est la définition d’un bon moment passé en pleine nature. Et un bon moment, c’est souvent moins de stress, un esprit sain dans un corps plus sain. On sait d’ailleurs que le contact avec la nature réduit certains troubles psychiatriques, ainsi que des maladies qui leur sont associées. Mais qu’en est-il de la nature en ville ? Des arbres le long des rues, des pelouses urbaines, des espaces végétalisés coincés entre deux immeubles… Suffisent-ils à nous faire du bien, ou toutes ces formes de “vert” ne se valent-elles pas ?
Une vaste étude montre que la présence d’arbres visibles depuis la rue autour du domicile est associée à une baisse du risque de maladies cardiovasculaires, tandis que les pelouses et autres espaces verts « bas » seraient, contre-intuitivement, liés à une hausse de ce risque. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé de l’intelligence artificielle afin d’analyser plus de 350 millions d’images Google Street View, distinguant arbres, gazons et végétation basse, en les corrélant aux informations médicales de patients vivant à moins de 500m de ces zones.
Résultat : une augmentation de 13,6 % de la couverture en arbres visibles depuis la rue est associée à une baisse de 4 % du risque de maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC). À l’inverse, une hausse de 7,5 % de pelouses ou de 1,2 % de végétation basse est corrélée à une augmentation du risque (respectivement +6 % et +3 %).
Pour les chercheurs, tout se joue dans la structure du végétal. Les arbres cumulent les effets protecteurs : ils filtrent la pollution, rafraîchissent l’air, atténuent le bruit et réduisent le stress en mobilisant des mécanismes cérébraux de restauration attentionnelle (les chercheurs parlent de ‘fascination douce’, soit le mouvement des branches dans le vent qui capterait l’attention). Leur présence rendrait aussi les rues plus propices à la marche et aux interactions sociales.
À l’inverse, les pelouses et la végétation basse offrent un « vert » surtout esthétique : peu d’ombre, peu de filtration de l’air, une biodiversité limitée, parfois même plus de chaleur, de bruit ou d’allergènes. Résultat : un verdissement uniquement de façade.
Ces résultats remettent en question les politiques de végétalisation générique des villes. Planter des arbres, surtout des espèces locales et diversifiées, serait beaucoup plus efficace que de multiplier les pelouses ou les plates-bandes décoratives. D’autant que l’étude souligne un autre point crucial : les bénéfices des arbres sont indépendants du niveau de revenu ou de pollution ambiante. Autrement dit, même dans les quartiers défavorisés ou très pollués, leur présence atténue les risques cardiovasculaires. Un article à envoyer à votre mairie… ?
