Chronotype du soir, désespoir ? Quand le mode de vie est corrélé à la dépression

Êtes-vous plutôt du matin, ou du soir ? Ce trait, dépendant aussi bien de facteurs génétiques qu’environnementaux, a évidemment une influence sur notre mode de vie. Et sur notre humeur ? Les données cliniques montrent que les jeunes adultes ayant un chronotype du soir — les oiseaux de nuit donc — présentent plus de symptômes dépressifs. Mais pourquoi ?
Une étude réalisée sur plus de 500 étudiants de l’université de Surrey (Angleterre) vient approfondir cette question, et révèle que quatre facteurs expliqueraient en grande partie ce lien avec la dépression : les individus avec un chronotype du soir auraient une mauvaise qualité de sommeil, une consommation d’alcool plus élevée (bien que modérée), et des déficits dans deux facettes de la pleine conscience qui sont la capacité à verbaliser ses émotions, et à porter attention au moment présent. Fait surprenant : l’alcool joue ici un rôle protecteur modéré, probablement lié à une meilleure intégration sociale chez les étudiants vivant plutôt le soir (i.e. aller boire un verre avec des amis serait protecteur pour notre santé mentale, malgré les effets néfastes de l’alcool).
Ces résultats renforcent l’idée que le chronotype du soir, fréquent chez les jeunes, expose à un risque accru de dépression via un ensemble de vulnérabilités psychologiques et comportementales. Attention toutefois, l’étude reste limitée, car il s’agit uniquement de corrélations (rien n’indique que le chronotype cause la dépression) , mais aussi car les sujets sont tous des étudiants : certains forcent peut-être leur chronotype pour avoir une vie sociale plus active ! Cette étude, parue dans la prestigieuse revue PLOS, permet surtout d’ouvrir à de nouvelles questions scientifiques.

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