
Dès la naissance, les cerveaux des garçons et des filles présenteraient des différences anatomiques mesurables. Une étude menée sur plus de 500 nouveau-nés (âgés de 0 à 28 jours) révèle que les garçons ont en moyenne un cerveau plus volumineux, même une fois le rapport de taille pris en compte. Mais les filles ont davantage de matière grise, c’est-à-dire les neurones qui permettent de traiter l’information, alors que les garçons ont plus de matière blanche, qui relie entre elles les différentes parties du cerveau pour assurer une bonne communication.
Certaines zones, comme le corps calleux (le “pont” entre les deux hémisphères du cerveau) ou le gyrus parahippocampique (impliqué dans la mémoire), sont proportionnellement plus développées chez les filles. Les garçons, eux, ont un volume plus important dans des régions comme les gyri temporaux médial et inférieur, des zones qui traitent les sons et les images.
Attention toutefois : ces différences sont faibles et visibles sur des moyennes. Impossible, donc, de deviner le sexe d’un bébé en regardant uniquement son cerveau.
Mais que signifient réellement ces différences ?
D’abord, elles ne veulent pas dire qu’un sexe est « plus intelligent » ou « plus capable » qu’un autre, car ces différences sont subtiles et visibles en moyenne seulement. Ensuite, une différence de structure ne signifie pas nécessairement une différence de fonction ou de comportement.
Ce que montre cette étude, c’est qu’il existe trois grands types de différences sexuelles dans le cerveau au cours de la vie. Certaines sont déjà présentes à la naissance et persistent ensuite (comme la taille du cerveau). D’autres n’apparaissent qu’au fil du développement, influencées par l’environnement ou des processus biologiques plus lents. Enfin, certaines différences observées chez les nouveau-nés disparaissent plus tard, suggérant des effets prénataux transitoires qui pourraient influencer les trajectoires de développement.
Ainsi, ces résultats suggèrent que certains traits cérébraux liés au sexe pourraient être influencés très tôt, dès la vie fœtale, et pourraient jouer un rôle dans les différences observées plus tard. Ce type d’étude a aussi un intérêt majeur pour comprendre des troubles du développement comme l’autisme ou les troubles de l’attention, qui montrent des répartitions inégales entre les sexes.
